Antoine Mortier
Considéré comme l’un des principaux représentant de l’abstraction lyrique en Belgique, Mortier trouve sa pleine mesure dans l’amplitude d’un geste brossé largement sur la toile. S’il part souvent d’un élément familier, il le déconstruit pour mieux le transcender et rend ainsi le sujet de départ inidentifiable. Cette approche vaut pour le nu féminin. Donnée souvent méconnue, la femme occupe une place centrale dans un pan de la création du peintre. Le corps est un objet de vénération autant qu’un support permettant de structurer les masses pour aboutir à une synthétisation formelle chargée de puissance. Ici, l’artiste joue sur une alliance contrastée de noir et rouge. La ligne noire définit ce que le peintre retient d’un nu allongé dont la tête se résumée à un triangle. Bien qu’associé au noir — qu’il utilisa abondement —, Mortier n’en est pas moins un savant coloriste. En témoigne le fond de la toile qui, au départ du noir toujours, se nuance dans des tonalités de gris et de vert et dont un subtil trait clair apporte tout l’éclat et le volume de cette composition gardienne de son mystère.
Son œuvre a fait l’objet d’une rétrospective en 2013 aux Anciens Abattoirs de la Ville de Mons.
Antoine Mortier a cherché tout au long de sa vie à transmettre un art qui incarne-rait la recherche de la vérité et constituerait une émanation de l’âme. Sorte d’exubérance intériorisée, comme le dit Jean Dypréau, qui apparait d’ailleurs clai-rement dans la représentation de nus, sujets récurrents chez l’artiste. Le peintre concilie le caractère tridimensionnel de la figure avec la planéité de la surface de la toile, ce qui a pour effet de conférer à l’œuvre une présence archétypale. A chaque reprise le corps s’articule en deux volumes, limité au buste et aux cuisses. Chez lui le nu synthétise la monumentalité de Constant Permeke, la décomposition des collages cubistes de Pablo Picasso et la sensibilité et la sty-lisation d’Amedeo Modigliani. Ces contrastes forts entre le rouge et le noir révè-lent une puissance du geste. Mortier dit : ‘Une bonne peinture doit prendre entiè-rement d’un seul coup le spectateur.’
Exhibitions
Musée d'Ixelles, Ixelles, Belgium - 11/10/2012-20/01/2013
Mu.ZEE, Ostend, Belgium - B.LAST - 29/10/2016-14/02/2017
Maurice Verbaet Art Center, Antwerp, Belgium - Black & White - 21/01/2017-01/11/2017
Maurice Verbaet Art Center, Antwerp, Belgium - Opus Magna - 01/11/2017-31/03/2018
Maurice Verbaet Gallery, Knokke, Belgium - Under Construction - 04/2019
Maurice Verbaet Gallery, Knokke, Belgium - BRAFA in the galleries - 30/01/2021-21/02/2021
Maurice Verbaet Gallery, BRAFA Art Fair 2026 - 22/01/2026 - 02/02/2026Publications
Michel Draguet, Art belge. Un siècle moderne - Collection Caroline et Maurice Verbaet, Bruxelles, Racine, 2012, p.184.
Anouck Clissen & Camille Brasseur, Connexions one, Antwerpen, Pandora Publishers, 2015, p.336.
