Professeur d’art plastique, Francis Dusépulchre s'est imposé de la manière la plus originale dans la mouvance internationale de l'abstraction construite, minimale et monochrome. Depuis le début des années septante, il n’a cessé de renouveler son langage plastique si singulier, aux frontières de la peinture et de la sculpture. Dès 1968, il aborde la sculpture abstraite en créant des reliefs de masonite monochrome : de souples géométries où la lumière joue sur des plans superposés, concaves ou convexes, explorant les jeux subtils de la lumière et de l’ombre à travers des bas-reliefs bombés ou renflés. C’est à ce titre qu’il fut qualifié par Robert Rousseau de « montreur d’ombres ». Chez Dusépulchre, la taille, l’évidement et l’incision fine créent un jeu de lignes à la fois maîtrisé et poétique. En 1979, il introduit des fils en tension dans ses compositions et, en 1983, des fibres optiques, amplifiant par ces gestes la poésie plastique de ses œuvres. Co-fondateur du groupe Art Concret en Hainaut (1973), il s’intéresse également à l’intégration monumentale à l’environnement, réalisant des sculptures pour le musée de Mariemont, le parc de la Cité-jardin de Trazegnies, le foyer du Centre culturel de Nivelles, l’Université du Sart Tilman et le métro de Charleroi. À la charnière du 21ème siècle, il mit au point ses transparences monumentales : des sculptures faites d’assemblages de fibres carbone suspendues entre les parois de caissons en plexiglas. À partir de 2004, il explore les effets produits par l’adjonction de sable dans ses pigments dans des séries de toiles matièristes qui constituent de véritables installations. Ses œuvres, souvent destinées à des espaces architecturaux, témoignent de sa capacité à susciter des tensions sereines par un dialogue secret entre ombre et lumière.

